Accueil > Presse ancienne

Presse ancienne

Sous la monarchie de Juillet, ces feuilles abandonnent leur ancienne appellation pour de nouveaux titres et deviennent de véritables journaux : Le Journal de Cherbourg (1833), L’Avenir de Caen (1837). Ils s’ouvrent à des informations plus variées, donnent des nouvelles locales, s’agrémentent d’un feuilleton et de diverses rubriques. Seule la politique est exclusivement réservée à des journaux soumis au contrôle du pouvoir.

 

Il faut attendre 1881 pour qu’une liberté de la presse s’instaure de manière durable. La distinction entre les journaux politiques et non-politiques disparaît. La presse connaît dès lors un essor fulgurant. Les villes les plus importantes (Caen, Cherbourg, Alençon, Flers) voient éclore le plus grand nombre de journaux mais des chefs-lieux de canton comme Carrouges, Pontorson ou Sées vont posséder leur propre journal. Au début du XXe siècle, il paraissait en Basse-Normandie près de 180 journaux, soit dix fois plus qu’aujourd’hui.

 

En revanche, la Grande Guerre porte aux journaux un coup sévère, dont ils auront beaucoup de peine à se relever dans les années 1920. Ils subissent de plein fouet les effets dévastateurs de la grande crise économique des années trente. Moins d’une centaine de titres subsistent dans la région quand éclate la Seconde Guerre mondiale et à peine plus d’une quarantaine lorsque les alliés débarquent en Normandie le 6 juin 1944[*].

 

Sauvegarde et valorisation de la presse

en Basse-Normandie

 

La Basse-Normandie conserve dans ses bibliothèques et services d’archives un riche patrimoine imprimé, en particulier des collections uniques de périodiques régionaux. La presse attire un nombre croissant de chercheurs et de particuliers qui explorent les titres afin de suivre les évolutions de la société, l’histoire locale ou pour compléter des recherches personnelles.

 

Les professionnels du livre et les pouvoirs publics conscients de la valeur documentaire des collections ont pris la mesure de leur fragilité. Dès 1980, la Direction du livre et de la lecture a inscrit le microfilmage de la presse locale au rang de ses actions prioritaires de sauvegarde. Dès 1987, la Région Basse-Normandie a accompagné ce plan de sauvegarde aujourd’hui assuré par le Centre Régional des Lettres de Basse-Normandie qui, depuis sa création en 1994, a poursuivi la mission de microfilmage avec le soutien de l’État et de la Région.

 

En 2008, un accord entre la Région Basse-Normandie, la Bibliothèque nationale de France et Ouest-France a permis la consultation en ligne des éditions bas-normandes d’Ouest-Éclair dans la bibliothèque numérique Normannia. En 2010, décision fut prise de numériser les microfilms afin de les adapter aux usages d’Internet. Un plan de numérisation de 2010 à 2014 a été financé par la Région Normandie et la BnF dans le cadre du pôle associé régional de Basse-Normandie afin de permettre la sauvegarde des originaux et l’accès aux internautes.



[*] Pour en savoir plus : Jean Quellien, Christophe Mauboussin, Journaux de 1786 à 1944. L’Aventure de la presse écrite en Basse-Normandie, CRL Basse-Normandie et Cahiers du Temps, Honfleur, 1998.