Vulgarisateur

Vulgarisateur

Alphonse de Brébisson partage son travail avec la communauté scientifique et il accorde autant d’importance à diffuser et à vulgariser ses recherches auprès du public, en particulier celui des agriculteurs. Il

« fait voir que la botanique peut aussi venir en aide aux travaux agricoles en montrant quels sont les terrains les plus convenables aux plantes que l’on cultive » (notice de Jules Morière (1817-1888), page 16).

Il rédige plusieurs manuels pratique à l’usage des agriculteurs. En 1826, il publie avec Frédéric Galeron (1794-1838) et le géologue Jules Desnoyers (1800-1887) le tome 1 de la Statistique de l’arrondissement de Falaise. Ce livre analyse le Calvados dans ses moindres détails, tant sur le plan naturel que territorial – routes, découpage administratif, etc. L’ouvrage se compose de trois volumes, dont le tome 1 et le tome 2 ont été numérisés par Gallica et sont disponibles ici et ici. Le tome 3 est composé d’un ensemble de cartes et de planches de l’arrondissement de Falaise.

À partir de 1835, il donne des cours de botanique destinés aux agriculteurs et écrit des cahiers de botanique à l’usage des écoles primaires. Nous avons numérisé le cours destiné aux agriculteurs que vous pouvez consulter ci-dessous.

Avec l’aide de la Société Agricole, il crée un jardin botanique à Falaise en 1837 afin de montrer au plus grand nombre comment s’occuper des plantes. Il donne également de nombreuses plantes à des jardins botaniques existants. Vous pouvez le constater avec le document ci-dessous.

En 1838, il publie un herbier prairial à l’usage des agriculteurs qui nous indique tout l’intérêt qu’il porte à la transmission des connaissances à ceux qui travaillent la terre. En cela c’est un précurseur en France comme en témoigne Jules Morière (1817-1888) dans la notice qu’il lui consacre en 1874.

« C’est encore un des services rendus par M. Brébisson de n’avoir pas fait seulement de la science spéculative, mais de s’être toujours préoccupé du côté pratique et des avantages que pouvait procurer à tout le monde la vulgarisation des connaissances scientifiques. En Angleterre et en Allemagne, le concours utile des sciences naturelles est si justement apprécié que des traités élémentaires de Géologie et de Botanique appliqués à l’Agriculture sont aussi répandus que des traités d’Arithmétique. Un ouvrier carrier sait le vrai nom de la roche qu’il exploite, et le cultivateur intelligent connaît le sous-sol que recouvre la terre végétale qu’il cultive. Nous sommes encore bien loin en France d’une telle popularité de la science que de Brébisson appelait de tous ses vœux et à laquelle il a travaillé pendant toute sa vie. » (pages 16 à 17)

A. de Brébisson accompagne également, avec attention, les botanistes en herbe. Il est important pour lui de transmettre et de maintenir des relations avec les futurs chercheurs qui perpétueront la recherche dans son domaine :

« la bienveillance qu’il manifestait dans ses relations, surtout avec les jeunes gens qui débutaient dans l’étude de la botanique et qui avaient besoin de conseils et d’encouragements. Non seulement il se plaisait à déterminer les plantes que ces derniers lui soumettaient fréquemment, mais le fascicule qui lui avait été adressé revenait à l’expéditeur avec de nombreuses espèces qu’il y avait ajoutées et qui étaient, pour le débutant, des types bien précieux. Les collections botaniques de de Brébisson étaient ouvertes à tous les botanistes qui voulaient les consulter » (notice de J. Morière, pages 19 à 20).

Il forme et transmets ses connaissances au tout public. En 1833, il crée avec son ami F. de Galeron une école du soir pour adultes.

À partir de 1850, il donne des cours de photographie. Ainsi, il initie de nombreuses personnes à la photographie à Falaise et contribue au rayonnement d’une école de la photographie en Normandie.

Homme public

A. de Brébisson s’implique également dans la vie politique et publique de Falaise. Le 18 juillet 1838 à la mort de F. Galeron il lui succède au poste de bibliothécaire de Falaise.

En 1846, il est élu au conseil municipal de la ville et se présente comme « le vice-président de la Gauche ». Cependant il échoue aux élections de député, ce qui ne l’impacte pas trop, car cela lui évite une charge supplémentaire qui ne lui permettrait pas de se concentrer sur son travail de scientifique.

En 1848, il est élu au poste de conseiller général.