Reconnaissance scientifique

Relations et échanges 

Dans sa jeunesse, Alphonse de Brébisson étudie au collège de Falaise. Il a pour camarade de classe Frédéric Galeron (1794-1838), Arcisse de Caumont (1801-1873) et Frédéric de la Fresnay (1783-1861). Son père, Jean-Baptiste Gilles de Brébisson (1760-1832), entretient des relations avec de grands scientifiques et l’emmène dans ses déplacements. Il est, très jeune, plongé dans un monde d’érudition et d’échanges pluridisciplinaires. À l’âge adulte, il conserve des relations avec de nombreux scientifiques connus et reconnus, en Normandie, en France, mais aussi dans toute l’Europe. A. de Brébisson jouissait d’une véritable reconnaissance de ses pairs ; en effet en 1874 dans la notice qu’il lui consacre, Jules Morière (1817-1888) écrivait ces quelques lignes à propos de lui :

« Cette lettre, que je recevais un mois avant la mort d’Alph. de Brébisson, prouve quel rigoureux observateur des convenances il était et quelle délicatesse le dirigeait ici comme dans toutes ses actions, en même temps qu’elle témoigne de toute sa lucidité d’esprit. Il a eu le rare bonheur de conserver dans tout leur éclat, jusqu’à la fin de sa carrière, les brillantes facultés de son intelligence. » (page 14)

Et

« Un grand nombre de savants français et étrangers ont tenu à honneur de venir rendre visite au Botaniste Normand et ils repartaient avec autant d’estime pour la personne qu’ils avaient éprouvé d’admiration pour les travaux du savant. » (page 20)

Il travaille et partage son travail avec de nombreux chercheurs, notamment avec ses collègues botanistes, comme en témoigne J. Morière :

« Il y avait alors, dans la ville de Vire, une pléiade de botanistes dont cette cité avait le droit d’être fière, et vers laquelle Alphonse de Brébisson se sentait naturellement attiré. De là ses fréquents voyages dans le Bocage et ses relations suivies avec les Dubourg d’Isigny, les Delise, les René Lenormand, les Chauvin, les Pelvet, les Despréaux, qui ont fait progresser diverses branches de la botanique, mais surtout la Cryptogamie, qui comptait parmi eux des spécialistes remarquables. Avec de tels hommes, de Brébisson se trouvait en famille. » (page 7)

Il est particulièrement important pour A. de Brébisson de partager son savoir plutôt que de le conserver pour lui :

« la générosité qu’il mettait à faire profiter de ses observations les personnes qui s’occupaient des mêmes études que lui » (page 19).

C’est par le partage des connaissances que la recherche peut avancer.

En matière de photographie, ses améliorations et techniques sont reprises par la plupart des photographes de son temps. A de Brébisson n’hésite pas à partager son savoir-faire avec ses collègues photographes, comme le souligne J. Morière :

« Tout disposé à être utile aux personnes qui s’occupaient de photographie, le savant de Falaise ne refusa jamais de communiquer les résultats de ses nombreuses expériences. » (page 18)

Nous avons numérisé la notice de Jules Morière (1817-1888) qui est dispolible ci-dessous.

 

Participation et création de sociétés savantes

A. de Brébisson crée et fait partie de nombreuses sociétés savantes et littéraires. Ainsi, il participe au rayonnement scientifique de la Normandie.

1823 : Déjà membre de la Société Linnéenne de Paris avec son père. Il participe à la création de la Société Linnéenne du Calvados, qui deviendra trois ans après la Société Linnéenne de Normandie. Il est aidé dans cette entreprise de son ami A. de Caumont et d’autres naturalistes des environs de Caen – Jean-Vincent-Félix Lamouroux (1779-1825), Jacques-Armand Eudes-Deslongchamps (1794-1867) – il fait partie de cette génération d’intellectuels actifs de l’École naturaliste normande dont Falaise et Vire sont le berceau.

1824 : A. de Caumont crée la Société des antiquaires de Normandie à laquelle il participe activement.

1834 : A. de Brébisson crée une société d’Agriculture, une société des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Falaise, et une société pour le progrès de l’Agriculture, de l’Industrie, et de l’Instruction, qui fusionneront en 1837.

30 novembre 1854 : A. de Brébisson participe à la création de la Société française de photographie. Grâce à son titre de membre fondateur, il participe à l’exposition universelle de Londres en 1862.

1855 : Création de la Société des beaux-arts de Caen, et A. de Brébisson en fait partie.

Vous pouvez consulter ci-dessous l'une des cartes de membre de sociétés savantes d'A. de Brébisson.

Société Linnéenne de Normandie

Fondée en 1823, la SLN est une société scientifique régionale à vocation naturaliste. Elle a pour but l’étude du patrimoine naturel à travers ses aspects botaniques, mycologiques, zoologiques, géologiques, géomorphologiques. De nos jours, la SNL est toujours active, ses bureaux sont situés à la bibliothèque universitaire de Sciences-STAPS de Caen. Vous pouvez retrouver toutes les informations concernant la Société Linéenne de Normandie.

 

Société des antiquaires de Normandie

Fondée en 1824, c’est une société historique et archéologique normande. Elle tient ses réunions à l’hôtel d’Escoville, à Caen. La société a pour vocation l’étude de l’histoire et de l’archéologie des cinq départements de Normandie. En 1854-1855, la société a installé son musée, principalement constitué de ses collections archéologiques dans une partie de l’ancien collège du Mont. Le bâtiment et le musée ont été partiellement sinistrés en 1944, puis les collections ont été déposées en 1983 au Musée de Normandie (château de Caen) ainsi qu’au musée gallo-romain de Vieux. Ses archives sont déposées aux archives départementales du Calvados (sous-série 83 F) et sont librement consultables. Pour plus d’informations vous pouvez consulter le site internet de la Société des antiquaires de Normandie.

 

Société française de photographie

Fondée le 15 novembre 1854, prévue au départ pour améliorer le procédé de photographie, elle organise également des expositions, des conférences et séminaires et publie des documents sur la photographie. À partir du XXe siècle, la société a pour but de conserver et de valoriser les nombreux clichés photographiques qu’elle possède dans ses collections. Aujourd’hui la collection de la SFP représente : 10 000 tirages et 50 000 négatifs (dont 5 000 autochromes), et une bibliothèque spécialisée comptant environ 8 000 livres et plus de 650 journaux. Pour plus d’informations vous pouvez consulter le site de la SFP.

 

Société des beaux-arts de Caen

Fondée en 1855 et basée à Caen. Elle est spécialisée dans les domaines de l’archéologie et des beaux-arts. A. de Caumont est l’un de ses membres fondateurs.

Reconnaissance scientifique