Botanique

Flore de Normandie

Œuvre phare d’Alphonse de Brébisson.

À l’origine, le projet de rédaction d’une Flore de Normandie émane de la Société Linnéenne de Normandie. La société commande à plusieurs botanistes la description d’une famille de plantes avec une date de remise de leurs travaux. Seul Alphonse de Brébisson, chargé de l’inventaire des orchidées, s’acquitte de son travail et décide d’achever celui des autres. Théodore Chalopin (1799-1834), son ami imprimeur, lui propose de publier ses recherches. Dans un premier temps, il s’y refuse pensant qu’un tel livre ne rencontrerait pas l’intérêt du public. Il finit par accepter et Flore de Normandie paraît en 1836. La Flore rencontre un succès immédiat, et marque son temps ; tant par la précision des descriptions présentées que par la rigueur scientifique dont il fait preuve. On y trouve un inventaire de toutes les espèces végétales observables en Normandie. Les plantes sont classées par familles et chacune fait l’objet d’une description détaillée. Les différents genres et espèces sont décrits physiquement ainsi que toutes les phases auxquelles ils ont été observés. Le travail est considérable mais A. de Brébisson peut compter sur le soutien de ses collègues botanistes qui lui transmettent leurs propres observations.

La Flore est rééditée quatre fois et à chaque fois enrichie. Bien qu’à l’origine destinée aux botanistes, les amateurs de plantes et de jardinage s’en emparent aussi. Jules Morière (1817-1888), ami d’A. de Brébisson, en atteste dans la notice qu’il lui consacre en 1874, pages 6 et 7.

« Dès 1824, c’est-à-dire un an après sa naissance, la Société Linnéenne décida qu’elle publierait une Flore de la Province ; le travail fut réparti entre les divers membres de la Compagnie, qui choisirent les familles qu’ils comptaient pouvoir le mieux étudier. Les orchidées furent confiées à M. de Brébisson ; lors de la réunion de l’année suivante, qui avait été fixée pour coordonner les divers mémoires et réunir les familles en un seul volume, le botaniste de Falaise se présenta seul avec un travail complet, et ses confrères le prièrent alors d’accepter les quelques notes qu’ils avaient pu rédiger. De Brébisson se mit avec ardeur à la besogne, et en 1835 il fit paraître Flore de Normandie. Cet ouvrage, qui en est aujourd’hui à sa 4e édition, et que l’auteur s’est constamment appliqué à améliorer, est sans contredit celui qui a le plus contribué à propager le goût des études botaniques dans notre province. »

Nous avons numérisé la notice de Jules Morière (1817-1888) qui est dispolible ci-dessous.

La dernière version de la Flore est publiée en 1879, à titre posthume, par J. Morière.

Vous pouvez trouver les cinq éditions de la Flore numérisées sur Google books et Gallica : 2e éd. ; 3e éd. ; 4e éd. ; 5e éd. Nous chez Normannia, nous avons numérisé la première édition de Flore de Normandie qui est disponible ci-dessous.

Travaux sur les algues microscopiques

A. de Brébisson connaît une renommée mondiale grâce à ses travaux sur les algues microscopiques et notamment les diatomées. Il est le premier à les découvrir. Elles sont évoquées pour la première fois dans son ouvrage Algues des environs de Falaise décrites et dessinées, publié en 1835 avec Louis-Luc Godey (1813-1873). L’ouvrage présente huit planches dessinées et coloriées à la main.

Il poursuit ses recherches sur les algues microscopiques avec la parution en 1838 de Considération sur les diatomées, puis Mémoire sur les diatomées en 1839.

En 1842 il se lance dans l’organisation et la classification des diatomées et des desmidiées. Pour ce travail il correspond avec des chercheurs anglais et allemands. Ses travaux sont repris par de nombreux scientifiques. Ce long travail sera publié par son fils à titre posthume.

Un mica absolument remarquable d’A. de Brébisson est encore conservé à la médiathèque de Falaise. Les micas sont les ancêtres des lames minces utilisées pour la microscopie.

 

Diatomées

Organismes microscopiques de nature végétale vivant dans l’eau. Ces algues microscopiques unicellulaires sont jaunes et brunes. Elles vivent dans l’eau douce. Pour les étudier, les classer, et les nommer, on débarrasse les frustules de leur contenu cellulaire afin d’avoir accès au dessin des stries sur lequel est basé toute la classification.

 

Desmidiées ou desmidiales 

Micro-algues vertes ; la plupart sont unicellulaires et elles vivent dans l’eau douce.

 

Société Linnéenne de Normandie

Fondée en 1823, la SLN est une société scientifique régionale à vocation naturaliste. Elle a pour but l’étude du patrimoine naturel à travers ses aspects botaniques, mycologiques, zoologiques, géologiques, géomorphologiques. De nos jours la SNL est toujours active, ses bureaux sont situés à la bibliothèque universitaire de Sciences-STAPS de Caen. Vous pouvez retrouver toutes les informations la concernant ici : http://scd.unicaen.fr/partenariats/societe-linneenne-de-normandie/.